Un programme qui n’intègre pas les TIC !

Le jeudi 31 mars 2005.
Par : Pierre Lachance

Le texte qui suit donne l’opinion du Service national du RÉCIT MST sur un des aspects du programme de science et technologie. Celui de l’absence d’éléments TIC.

Les technologies de l’information et de la communication évoluent à un rythme infernal. Que ce passera-t-il dans les prochaines années ? Pouvons-nous nous permettre de ne pas préparer nos enfants à un monde utilisant de plus en plus les technologies de l’information et de la communication ? Pouvons-nous ne pas préparer adéquatement les futurs citoyens et futurs scientifiques/technologues à utiliser les hautes technologies ?

Selon nous, l’absence d’éléments TIC dans le programme de formation de science et technologie (version de travail mars 2005) aide à creuser encore plus le fossé entre les milieux favorisés et défavorisés. Car, avouons-le, certains milieux se paient ces technologies qui profitent à leurs élèves. Ce qui cré une inéquité qui nous dérange.

Le décrochage scolaire des garçons est de nos problèmes de société. Les TIC et les modifications qu’elles entrainent lorsqu’elles sont intégrées à l’apprentissage sont un élément non négligeable d’une motivation pour les garçons. Ne doit-on pas donner les plus de chances possibles à tous nos enfants ?

Pour réussir la nécessaire intégration des TIC dans l’apprentissage, nous devons, comme société, prioriser nos actions. Par exemple, les sommes d’argents dépensées en licence de logiciels pourraient être investit dans du matériel. Ce transfert d’argent est possible si la volonté politique est présente. De plus, le matériel techno-scientifique plus spécifiques comme les sondes, microscopes numériques, station météo, etc, peut circuler d’une école à l’autre (selon la planification des enseignants). Les TIC ce n’est pas comme les crayons, il n’est pas nécessaire que tous en possèdent un à tout moment.

Voici quelques pistes pour l’intégration des TIC dans les compétences de science et technologie.

Note : Les outils généraux suivants peuvent être aidant dans toutes les compétences.

  • Logiciel de bureautique, portfolio numérique, éditeur de texte (HTML, php,..), logiciel de retouche de photos, navigateur Internet, logiciel de géométrie dynamique, logiciel de clavardage ou de vidéoconférence, caméra vidéo...

Compétence 1 :

  • Saisies de données expérimentales peut se faire avec des capteurs branchés à un ordinateur. Cette technologie permet d’aller plus loin dans certaines expériences comme par exemple de voir varier le PH d’une solution lorsqu’on ajoute de l’eau ou encore suivre le changement de la pression atmosphérique au cours de la journée.
  • Représenter un problème sous forme de réseaux de concepts (avec un idéateur) aide plusieurs élèves à mieux saisir/exprimer leurs conceptions.
  • Planifier la résolution de problème grâce à un idéateur, un wiki, le courriel, un forum, etc, permet de confronter ses idées avec les autres et ainsi améliorer sa démarche.
  • Organiser, classer, comparer grâce à des base de données offre de grandes possibilités à l’apprenant. Faire des liens entre des éléments est ici simplifier par la puissance de calcul de l’ordinateur.
  • Le dessin technique devient plus efficient en utilisant des logiciels de dessins vectoriels ou de dessins techniques. Il est plus facile de communiquer un dessin s’il est numérisé.

Compétence 2 :

  • La compréhension du monde et notre pensée critique peuvent se développer en communiquant avec d’autre personnes (des experts, d’autres élèves, des enseignants, etc.). Des outils comme le courriel, les forums de discussions, des carnets, des sites web dynamiques, sont des exemples d’outils à exploiter pour construire notre vision/compréhension du monde.
  • Représenter des objets ou concepts devient simple à l’aide d’outils comme des logiciels de dessins, des appareils photos numériques, des microscopes numériques, etc.
  • La simulation (logiciel ou matériel comme la robotique) permet aux apprenants de faire en classe ce qui ne pourrait pas se faire autrement pour des contraintes budgétaire ou de sécurité par exemple.

Compétence 3 :

  • Négocier un point de vue peut devenir fort profitable si on communique avec des experts qui peuvent se retrouver sur des forums de discussions ou encore par courriel. On peut aussi, à l’aide d’un carnet personnel, insister la communauté à commenter notre point de vue.
  • Diffuser le savoir (écrit ou oral) sur internet à l’aide de sites web dynamiques ou de diffusion audio est une très bonne façon de partager/comparer les connaissances avec la communauté qui pourra intervenir pour ajuster les conceptions ou encore pour encourager les apprenants à poursuivre leurs démarches.
  • Schématiser (plan, diagramme, tableaux, graphiques ...) pour mieux communiquer est une bonne stratégie. Plusieurs applications peuvent aider l’apprenant à améliorer la qualité de ses schémas.

Non ce n’est pas exhaustif comme liste/moyens, mais il y a là quelques idées pour les auteurs du programme de formation de science et technologie.

Nous ne pouvons pas passer notre tour.

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Forum associé à l'article :

> Un programme qui n’intègre pas les TIC ! , le samedi 9 avril 2005,par Sébastien Stasse

Bonjour !

Est-il possible de savoir à quel document vous faites référence ? Vous parlez d’une version "mars 2005" ... s’agit-il d’une version du programme de formation pour le 2e cycle du secondaire ou celui disponible pour le 1er cycle et disponible à l’adresse suivante : http://www.meq.gouv.qc.ca/DGFJ/dp/programme_de_formation/secondaire/prformsec1ercycle.htm ?

Merci

Sébastien Stasse


Un programme qui n’intègre pas les TIC !

  • > Un programme qui n’intègre pas les TIC ! dimanche 10 avril 2005, par Pierre Lachance

    C’est la version en consultation du 2e cycle du secondaire.

    Par contre, il n’y a pas plus de TIC dans la version du premier cycle ou encore du primaire :o( D’ailleurs le MELS a eu des plaintes à ce niveau.

    Au plaisir.


    • > Un programme qui n’intègre pas les TIC ! mercredi 13 avril 2005, par Sébastien Stasse

      Bonjour !

      Merci pour la précision, comme je n’ai pas accès officiellement à ce document pour l’instant, vous me permettrez de ne parler que du programme du 1er cycle que j’ai en main

      Votre titre est une étrange entrée en la matière ... en tant “qu’enseignant-qui-tente-de-comprendre-le-programme” je vais donc tenter, très humblement, de vous apporter mon point de vue sur votre intervention du 31 mars dernier. Il est possible que je sois "à côté de la track" mais j’ose me commettre pour vérifier ma compréhension de ce que je devrai mettre en pratique dès l’an prochain sans avoir eu de réelle formation, et en ne me sentant pas tout à fait prêt à faire le grand saut smiley

      Ce que je comprends du programme de formation de l’école québécoise (PFEQ), c’est que les TIC font partie intégrante de chaque domaine d’apprentissage de par la compétence transversale “Exploiter les technologies de l’information et de la communication”. Donc, l’ “absence d’éléments TIC dans le programme de sciences”, comme vous le mentionnez, n’est donc pas si étonnante en soi ... l’enseignant à la latitude voulue de développer une approche qui intégrera les TIC selon ses besoins et ses compétences ou, en terme de réforme, selon les besoins de la situation d’apprentissage qu’il vivra avec ses élèves. Les TIC ne font pas plus l’objet d’une compétence ciblée en Art ou en Français qu’en scicences ... mais peuvent cependant y être intégrés à tout moment.

      Peut-être ai-je mal compris le but de votre intervention, mais la majeure partie des pistes d’intégration des TIC que vous donnez ne sont-elles pas, en partie, actuellement réalisables dans le contexte actuel de nos écoles ? Vous parlez de suite bureautique, de navigateur WEB, et autres. Peut-être que l’ACCÈS à cette technologie est actuellement problématique pour les élèves et les enseignants de sciences (et les autres disciplines aussi) , mais à ce moment-là, le problème me semble en être un de gestion interne et non de programme de formation. smiley

      Maintenant, est-ce que l’acquisition d’équipements informatisés en sciences permettra une meilleure approche pour le développement des compétences scientifiques du programme de formation ? Là, comme enseignant du premier cycle du secondaire, je suis très sceptique. Il est vrai qu’une sonde du type pH-mètre est un outil intéressant pour démontrer ou expérimenter un concept très spécifique en science ... mais est-ce que ça vaut l’investissement sachant que l’outil ne servira qu’une seule fois dans l’année ? Est-ce que la cueillette de données météo en temps réel par les élèves est en soi nécessaire pour développer leur compétence d’analyse ? À ce sujet, vous avez de belles avenues sur votre site en exploitant des sites web pertinents :
      http://recitmst.qc.ca/projets/meteo/tableaux.htm
      Bref, je me questionne sur la nécessité de la quincaillerie (qui n’est pas donnée $$$) sans disposer d’un contexte d’apprentissage signifiant ou de situation d’apprentissage qui justifient leur utilisation plus d’une fois.

      Donc, à mon avis, revendiquons et exigeons d’abord une plus grande accessibilité à notre parc informatique actuel. Permettont à nos enseignants et à nos élèves d’avoir accès à un ordinateur branché sur internet et aux principaux logiciels de bureautique lorsqu’ils en ont besoin, pour la réalisation de situations d’apprentissage et d’évaluation intégrant la recherche, la réalisation de protocoles et de rapports d’expérimentation, etc. Contextualisons les utilisations possibles des suites bureautiques pour donner aux élèves les outils et les pistes pour utiliser les TIC dans différents contextes d’apprentissages, dont les sciences et la technologie.

      Je terminerai en vous référent au PFEQ en sciences et technologies à la page 270 et 271 où les auteurs parlent brièvement mais explicitement de “l’atout important” (sic) des TIC pour la discipline, sans toutefois, je vous l’accorde, donner des pistes explicites d’applications. Peut-être que la réforme compte justement (et sans peut-être les avoir impliquées dans la rédaction des programmes ;-( ) sur les RÉCITS pour faire les liens entre le programme et les applications technologiques possibles ... !

      Ce que j’ai compris c’est que l’intégration des TIC au primaire et au secondaire, avec le PFEQ, c’est maintenant l’affaire de tous et dans toutes les disciplines. Reste peut-être à revendiquer une meilleure accessibilité aux technologies actuellement disponibles smiley et à former nos enseignants à l’utilisation minimale des TIC.

      Amicalement

      Sébastien Stasse
      Enseignant en appropriationdu PFEQ, 1er cycle secondaire


      • > Un programme qui n’intègre pas les TIC ! mercredi 13 avril 2005, par Pierre Lachance

        Merci pour votre commentaire, c’est apprécié.

        Mon point principal est le suvant, si on n’explicite pas davantage dans le programme en quoi les TIC sont importantes pour le développement de compétences par les élèves (les citoyens de demain) en science et technologie, voici ce que diront (disent déjà) :

        • MELS : On ne donne pas plus de $$$ pour ça, c’est pas dans le programme.
        • Directions d’école : On n’achète pas de « matériel TIC » spécifique au science et technolgie, c’est pas dans le programme.
        • Enseignants : On ne demande pas de formation TIC en science et technologie, c’est pas dans le programme.

        Comme dirait mon ami Benoit, les compétences (transversales ou disciplinaires) ça ne se développent pas dans le vide, et en science et technologie il y a des TIC spécifiques à intégrer.

        Oui, internet et les logiciels généraux c’est très bien, mais ce n’est pas suffisant pour la science et technologie. Le RÉCIT c’est très très bien, mais ça ne peut combler tous les manques. Enfin, c’est mon opinion smiley

        Au plaisir.