MathémaTIC

L’apprentissage des mathématiques : les TIC... une avenue à privilégier !

Par nature, l’enfant porte en lui des pouvoirs de création dans tous les domaines. Il est maintenant admis dans le domaine de l’éducation et de l’apprentissage que permettre aux enfants de s’exprimer oralement, par écrit, avec des pinceaux, des crayons, sa voix ou des instruments de musique ...c’est lui permettre l’acquisition de savoir-faire et de savoirs, c’est lui permettre de se construire progressivement.

Paradoxalement, il semble que les mathématiques soient tenues l’écart des disciplines permettant la création et cette auto-construction chez les enfants : dans de nombreuses classes, les enfants pratiquent la création de texte, la peinture, l’expression corporelle et la danse à partir de leur vécu. Par contre, ces façons de faire sont considérés comme telles demeurent souvent vierges en mathématiques. On part du principe qu’ils peuvent apprendre seulement ce que l’enseignant leur propose, puisqu’ils ne possèdent rien à priori.

Or l’enfant vit, et tout naturellement il cherche à comprendre ce qui l’entoure. Pour cela, il isole des faits de sa propre expérience, il cherche des liens entre les éléments, il établit des relations.

Progressivement, il va construire son propre système d’abstractions et, par tâtonnements, il constatera qu’il peut comprendre, puis maîtriser des situations plus générales.

Partant de situations de son vécu quotidien, il y revient constamment pour contrôler ses découvertes. Il les testera un grand nombre de fois sous les formes les plus diverses. C’est la préparation à l’acquisition de notions mathématiques qui se fera progressivement au cours du temps.

Contrarier ces démarches fondamentales, c’est enfermer l’enfant dans le conformisme passif et stérilisant. C’est tarir la source...

On croit souvent que les enfants ne s’expriment pas naturellement en mathématiques. Il est vrai que bien souvent ils n’en ont à l’école ni l’habitude, ni la possibilité. Mais il est encore plus vrai que les enseignants ne voient pas les démarches ou créations spontanées qui existent dans la classe, dans ce domaine comme dans les autres.

L’importance de l’erreur

S’exprimer en mathématiques, oui, les enfants en sont capables... ce qui ne signifie pas qu’ils maîtrisent tout et que leurs productions soient sans erreur.

Mais lorsqu’un enfant crée une peinture, il prouve aussi des difficultés et quelquefois le résultat n’est pas la hauteur de ses espérances.

Rappelons ici très brièvement que, non seulement il est normal que l’enfant fasse des erreurs, mais encore que c’est grâce à celles-ci qu’il progresse et construit par étapes ses savoirs. Que penser d’un élève qui ne se tromperait jamais ? Le travail demandé et fourni serait alors bien en deçà de ses possibilités : non seulement il n’apprendrait rien, mais peu à peu le désintérêt et l’ennui l’envahiraient !

Le rôle des TIC

Les TIC représentent un outil fort intéressant afin de permettre aux enfants de faire des apprentissages en mathématiques. Elles permettent à ceux-ci de faire, de commettre l’erreur, de se reprendre, de trouver une meilleure alternative de solution, de construire sa vision mathématique d’une situation problème... Finalement, d’acquérir les compétences nécessaires de résolution de problèmes adaptées à son processus d’apprentissage, à sa façon à lui de percevoir une situation problème et de la solutionner.

Il est parfois difficile pour les enseignants d’accepter et de gérer l’errance des enfants dans leur façon de résoudre une situation problème. C’est d’ailleurs un changement de rôle majeur que propose le PFÉQ. Pour l’enseignant, cela devient un défi de gestion de classe, de gestion du cheminement de l’apprentissage des enfants, une façon de travailler différente de celle préconisée depuis une trentaine d’années.

Les TIC deviennent une avenue à exploiter et qui permet justement de bien gérer la différenciation des apprentissages. Elles permettent aux élèves d’avancer à leur rythme, de progresser dans leur apprentissage, de faire des erreurs sans être jugé et ultimement atteindre, par différents chemins, les compétences de formation exigées par le PFÉQ.

L’importance de la formation enseignante

La formation des enseignants est le point névralgique de ce virage. Bien que la plupart d’entre eux utilise les TIC pour la gestion administrative des dossiers élèves, plusieurs hésitent à utiliser les TIC pour favoriser l’apprentissage des élèves.

La formation doit porter sur l’intégration des TIC évidemment, mais elle doit fondamentalement porter sur la compréhension qu’il sera fort difficile pour eux de tout connaître sur les technologies. Les enfants ont probablement plus de vécu qu’eux dans ce domaine... Est-ce que cela leur donne un droit d’oublier la compétence transversale TIC dans les tâches d’apprentissage des élèves ? Il faut habileter les enseignants à accepter leur méconnaissance des certains outils. Il faut aussi travailler sur leur force : la pédagogie, l’orientation des apprentissages des enfants, la gestion de classe, la finalité de la situation des apprentissages. La force des enseignants se situent principalement à ce niveau. Ceux-ci doivent comprendre qu’ils ne pourront jamais tout connaître sur les différentes technologies mises à leur disposition.

La formation doit porter sur les situations d’apprentissage ouvertes que permettent l’utilisation des TIC en classe.


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théoriquement je ne peux qu’approuver, mais la pratique prouve que l’éducation nationale vaste moule conformiste ne laisse que peu de place à l’expérimentation et au plaisir d’apprendre.( d’ou l’engouement des jeunes pour les jeux vidéo ou internet car ils pensent à leur propre rythme tout en se faisant plaisir et n’en déplaisent aux détracteurs de tout poil ils apprennent quelque chose de tangible puisqu’ils maîtrisent mieux l’informatique que leurs aînés ;

La notion de plaisir étant souvent absente de l’école et surtout de l’apprentissage des maths il n’est pas surprenant que les enfants lui préfèrent d’autres matières et surtout d’autres profs qui rendent leurs matières plus intéressantes.

Ne pas oublier que l’art d’enseigner est l’art de susciter la curiosité et l’appétence pour lesdites matières alors que 90% des enseignants vous dégoutent à vie des matières par les obligations scolaires et du fameux sacro-saint programme ;

Les pédagogies actuelles ( Freinet par exemple et la technologie de l’informatique)liées à des projets à découvrir devrait au contraire transformer la nécéssité d’apprendre en un plaisir sans cesse renouvelé.