1. Savoir pourquoi et comment utiliser les ressources

Il faut avant tout savoir pourquoi on devrait intégrer les TIC dans sa démarche d’enseignante ou d’enseignant. On a qu’à regarder autour de soi afin de réaliser rapidement que les technologies sont omniprésentes et que de ne pas intégrer l’outil technologique dans son enseignement c’est de se priver (comme enseignant et comme élève) d’innombrables ressources facilitantes.

Il est primordial de développer l’habileté à utiliser et à accéder à des ressources telles :
- des ordinateurs de bureau et/ou portables en classe ;
- des logiciels de simulation, des tableurs, des grapheurs, etc. ;
- des calculatrices scientifique et/ou à affichage graphique ;
- des ordinateurs de poche (de type Palm, PocketPC, etc.) ;
- et Internet.

Cette compétence est importante pour les enseignantes et les enseignants non seulement pour les opportunités que peuvent offrir ces technologies dans la réalisation de projets avec les élèves mais aussi par ce qu’elles peuvent offrir et apporter d’un point de vue personnel et professionnel pour l’enseignante et l’enseignant dans sa propre vie.

Devenir un utlisateur compétent du courriel, par exemple, permet de développer sa confiance dans l’utilisation de cette technologie. Le WWW offre de son côté des ressources incroyables pour la classe. De plus, il ne faut pas négliger l’aspect logiciel à utiliser avec les élèves. Certains logiciels ont beaucoup à offrir de par leur versatilité, la richesse qu’ils peuvent apporter dans l’apprentissage des élèves.

Voici quelques logiciels interactifs intéressants : Geometer’s Sketchpad, Cabri-géomètre, Dr. Geo, GéoNext, Déclic, les tableurs, logiciels permettant la saisie et l’analyse de données, des logiciels développant la logique de programmation (langage Logo, la robotique, MicroWorld). Les calculatrices à affichage graphique et la disponibilité d’ordinateurs en classe offrent des alternatives intéressantes à l’apprentissage de l’algèbre. Certaines applications disponibles (souvent sous forme d’applet Java) sur Internet peuvent aider les enseignantes et les enseignants à développer des projets intéressants sur l’analyse des données.

2. Créer des environnements d’apprentissage

Durant l’apprentissage des différents logiciels et des autres technologies, les enseignantes et les enseignants doivent nécessairement être et devenir proactifs et s’habiliter à « penser d’avance », à adapter leur environnement de classe afin d’accomoder ces nouvelles ressources et ainsi permettre aisément leurs expérimentations. Ce sont les premiers pas vers la construction d’un contexte signifiant pour les élèves. On peut penser ici, par exemple :
- à l’utlisation de projecteur multimédia afin d’animer une discussion avec les élèves ;
- si on préconise l’approche laboratoire, on devrait au moins favoriser un ordinateur pour deux élèves. Un élève par appareil est avantageux (...mais plus dispendieux !) afin que les élèves développent des compétences TIC, mais deux élèves par ordinateur est mieux pour le développement et la résolution de problèmes en mathématique ;
- si on préconise quatre à cinq ordinateurs en classe, il devient intéressant de travailler en créant des groupes d’élèves qui ont à solutionner des situations problèmes où l’ordinateur devient un outil parmi d’autres que les élèves ont à leur disposition dans la classe.

Il faut y aller de façon progressive et le « confort pédagogique » s’installera peu à peu. Il ne sert à rien de vouloir plonger trop rapidement et ainsi se retrouver dans une situation peu intéressante pour l’enseignante (enseignant) et les élèves.

Par contre, en créant des environnements d’apprentissage stimulants, vous allez développer rapidement des « situations d’apprentissage ouvertes » qui « déborderont » dans d’autres domaines d’apprentissage où l’élève verra facilement le lien entre la mathématique et les sciences par exemple.

3. Approfondir la compréhension de la mathématique

L’utilisation de différentes technologies en classe offre des opportunités intéressantes pour les enseignantes et les enseignants d’explorer « en profondeur et d’aller un peu plus loin » sur des sujets variés.

Par exemple, les enseignantes et les enseignants ont à leur disposition une pléiade de logiciels ou de sites Internet permettant :
- de nouveaux apprentissages pour les élèves (mettre les élèves en situation-problème concrète : Un peu de mathématiques, de géographie et de sciences grâce aux virus et bactéries... ) ;
- le « renforcement » d’un concept ;
- d’offrir des stratégies d’apprentissage supplémentaires aux élèves ;
- d’aller un peu plus loin dans l’enseignement de la mathématique en mettant sur la table différents défis que les élèves ont à surmonter.

En utilisant ces technologies, les enseignantes et les enseignants ont à leur disposition des outils puissants qui peuvent amener les élèves beaucoup plus loin dans leurs apprentissages que l’enseignement traditionnel. Les statistiques, la géométrie, la numération, les opérations de base, l’algèbre peuvent prendre un sens « réel » avec une bonne intégration des TIC dans la démarche d’apprentissage des élèves.

4. Développer des stratégies d’enseignement

En utilisant l’ordinateur (en laboratoire et/ou en classe), la calculatrice graphique ou d’autres outils technologiques, les enseignantes et les enseignants sont constamment amenés à réfléchir sur leurs stratégies d’enseignement, sur leurs « façons de faire » en classe avec leurs élèves. Ces types « d’environnements technologiques » deviennent des éléments motivants pour un « apprentissage actif » des élèves. On amène les élèves à participer à leurs apprentissages, à « faire partie de l’action »... et non seulement être un spectateur mais bien être un acteur important et responsable de ses apprentissages.

C’est d’ailleurs durant cette phase que les enseignantes et les enseignants réalisent que leur rôle subit une mutation réelle. Ils deviennent par la force des choses :
- un animateur ;
- une ressources parmi d’autres ;
- un guide « pédagogique » ;
- un gestionnaire de projets ;
- un observateur ;
- un évaluateur ;
- et conséquemment à tout cela, ils raffinent de plus en plus leurs stratégies didactiques.

5. Personnaliser le curriculum (le programme)

La plupart des enseignantes et des enseignants le savent déjà : les technologies de l’information et de la communication font partie intégrante du programme de formation et tous les domaines d’apprentissage sont mis à contribution.

Par contre, les enseignantes et les enseignants qui sont des « success stories » (des stratégies gagnantes) en intégration des TIC en classe se situent dans une « zone de confort pédagogique ». Ils connaissent bien leurs programmes et ils se permettent de « jouer » avec celui-ci. Ils ont appris à créer des situations d’apprentissage qui permettront aux élèves d’évoluer dans une démarche qui les feront avancer vers les compétences à atteindre dans le domaine d’apprentissage.

De cette façon, les enseignantes et les enseignants deviennent « proactifs » dans leurs rôles et se sentent plus « maître » de leurs destinées en modifiant, adaptant et en personnalisant le contenu du programme de formation.

6. Développer « ses » stratégies d’apprentissage !

Avec l’insertion d’innovation en classe, il est important de se poser la simple question « Comment ça va ? »

Cette démarche ne doit pas seulement se faire avec soi-même mais aussi avec ses élèves afin que l’ensemble des apprenants (la classe) entre dans une démarche réflexive sur leurs apprentissages et sur les perspectives de continuer dans leur façon de faire.

Il est intéressant de lancer des discussions qui permettent aux élèves de s’exprimer et de partager. Il faut que l’enseignante ou l’enseignant fasse aussi la même démarche avec ses élèves. Les élèves peuvent s’exprimer, montrer ce qu’ils ont appris et partager leurs apprentissages avec les pairs, l’école ou le milieu. Bien des enseignants qui sont confortables avec cette démarche, ont instauré le développement du portfolio personnel (papier ou électronique) d’apprentissage (qui peut se transformer en excellent outil pour l’évaluation aussi à long terme).

En conclusion

Ces six compétences ne sont pas des « must » (obligations). Par contre, on constate qu’elles se retrouvent dans le vécu des enseignantes et des enseignants qui ont évolués dans la démarche d’intégration des TIC pour l’apprentissage des élèves. Elles sont les « conditions gagnantes », les « constantes » que l’on retrouve dans la plupart des histoires à succès !