Afin d’imager la vision et la compréhension de ce que devrait être l’intégration des TIC, nous allons utiliser une petite fable...

Il était une fois... un homme qui souhaitait améliorer son alimentation. Il voulait ajouter de bons aliments à son alimentation. À ses repas habituels, il y ajouta des légumes frais, des fruits, etc. Il se retrouvera donc avec beaucoup plus de nourriture dans son alimentation quotidienne. Les effets bénéfiques tant souhaités d’une bonne alimentation n’étaient pas au rendez-vous...

Il en parla à son médecin et celui-ci se esquissa un large sourire. Il lui mentionna que ce n’était peut-être pas la bonne façon de faire. Afin d’améliorer son alimentation, le médecin lui suggéra « d’intégrer » de bons aliments dans son alimentation. Cela devait signifier qu’il devait remplacer certains aliments par de meilleurs aliments, sans pour autant augmenter la quantité de nourriture, seulement améliorer l’ensemble. Notre bonhomme reprit donc le tout et réalisa rapidement les effets bénéfiques tant attendus...

Maintenant, revenons à notre vision sur l’intégration des TIC en classe... Par cette fable, nous ne voulons pas que les TIC soient perçues comme les bonnes choses et que les « non-TIC » soient les mauvaises. Toute analogie a ses faiblesses, mais le principe derrière cette histoire est le même pour les TIC. Si on ne fait qu’ajouter les TIC, les effets ne seront pas bénéfiques. Il faut alors penser à les intégrer dans sa démarche pédagogique.

Mais qu’est-ce que ça veut dire intégrer les TIC ?

Paul Roy, ancien coordonateur du RÉCIT, a donné cette définition un jour sur l’intégration des TIC : « Favoriser un usage habituel, approprié et suffisamment régulier des TIC pour conduire à une modification des pratiques scolaires au bénéfice des apprenants. »

Pour notre part, nous apportons des indices d’intégration (tirés d’une rencontre de construction du RÉCIT, automne 2003) :

On s’approche de l’intégration quand...
- le besoin est créé par le type d’activités d’apprentissage ;
- c’est un choix « sensé » d’utiliser les TIC ;
- on demande l’outil « en réflexe » et qu’on éprouve de l’aisance à les utiliser ;
- les TIC deviennent une valeur ajoutée (motivation, expertise, etc.) ;
- le processus « intégrer » a précédé... ;
- on prévient son utilisation par une autre planification — n’intégrant pas les TIC obligatoirement.

On conçoit qu’afin d’intégrer les TIC dans une démarche d’apprentissage, l’enseignant(e) n’a pas à être un « expert » en TIC... Par contre, afin de ne pas perdre le contrôle, un minimum de formation, de connaissances (tant technologiques que pédagogiques) est utile ou requis ; c’est une question d’équilibre !

Si on intègre les TIC, les types de planification changent :
- le cheminement de l’élève devient un peu plus imprévisible parce qu’on travaille en environnement plus ouvert ;
- une gestion de classe nouvelle, plus souple — un peu plus de maturité est requis ;
- elles peuvent être inconfortables pédagogiquement à certains enseignants moins préparés, habitués à un environnement plus « contrôlé » — plus rassurant...

Que peut-on considérer comme des TIC ?

Les TIC sont bien plus que des technologies liées à des instruments proprement dits ; c’est la relation avec les instruments et la démarche qui lui est caractéristique !

Les outils « technologiques » considérés comme « acceptables » devraient répondre aux caractéristiques suivantes :
- élément de recherche ;
- élément de traitement ;
- élément de structuration ;
- élément de composition de l’information

Technologies versus techniques Il existe une relation étroite (la technologie) entre l’objet utilisé (la technique) et l’intention poursuivie ; la technologie tient plus de la décision d’utiliser un coffre à outils pour une première fois, avec de nouveaux outils, pour réaliser des tâches nouvelles.

Partir du logiciel pour trouver un moyen de l’intégrer dans une situation d’apprentissage !

Si nous revenons à l’analogie de l’alimentation, si on part des bons aliments pour améliorer son alimentation, on ne voit pas l’ensemble. On perd souvent de vue le but poursuivi. C’est ce qui se passe fréquemment si on se demande qu’est-ce qu’on peut faire avec un logiciel « X » dans sa classe. On ajoute au lieu d’intégrer ! Et on change souvent les finalités du projet afin de s’adapter aux limites du logiciel... ce qui ne devrait pas arrivé. On utilise, on choisit un outil parce qu’il fait bien et mieux la tâche à réaliser. On ne doit pas changer la tâche afin de l’adapter à l’outil...

Une suggestion de questions à se poser comme éducateur et apprenant :
- Quelle(s) TIC pourrai(en)t améliorer la démarche et/ou le produit à réaliser par mes élèves ? De cette façon, on choisit mieux l’outil et on est capable d’expliquer en quoi il est plus adéquat pour répondre aux besoins.

C’est le même principe que de partir d’un savoir essentiel pour créer une siutation d’apprentissage... on perd la vue d’ensemble.