Version Finale

De nos jours, le Québec doit compter sur l’immigration afin de maintenir un taux de natalité acceptable de 2,1 enfants par famille. Ainsi, plusieurs immigrants arrivent dans la province avec une conception dissemblable à celle de notre système de démocratie parlementaire. Cela apporte des divergences d’idées dans lesquelles la société québécoise doit se repérer tout en respectant des lois qui lui sont immuables. Il peut arriver cependant que certains groupes ethniques revendiquent des choses allant à l’encontre des droits collectifs, au nom de certains droits individuels. Ce fut le cas de la communauté islamique de Montréal. En effet, le Conseil musulman a fait des démarches auprès du gouvernement québécois pour l’instauration d’une cour islamique portant le nom du « Conseil de la charia ». Cette situation peut sembler futile, mais elle concerne l’ensemble de la société québécoise, incluant les membres du corps enseignant. Subséquemment, des précisions seront apportées sur les conséquences d’un fait semblable sur notre société, et ce en rapport avec les fondements de l’école québécoise. Nous considérerons les possibles changements que pourrait apporter le conflit dans la relation entre les enseignants et les élèves, ainsi que l'impact sur l'intégration de ces jeunes dans nos écoles.

La demande et le débat sur l’instauration d’une cour islamique entre le Conseil musulman de Montréal et le gouvernement du Québec ont été faits dans les règles de l’art. Toutes propositions faites selon les règles établies par les tribunaux québécois devaient être étudiées. Cependant, ce ne sont pas toutes ces dernières qui ont été acceptées. Bien que la proposition d’établir les lois de la charia dans le système juridique québécois ait été faite en bonne et due forme, elle ne pouvait être acceptée puisqu’elle enfreignait l'article 9.1 de la Charte des droits et libertés de la personne qui stipule que «Les libertés et droits fondamentaux s'exercent dans le respect des valeurs démocratiques, de l'ordre public et du bien-être général des citoyens du Québec». Ici, la Charte islamique ne respecte pas l’égalité des sexes.

En plus de ne pas respecter la Charte des droits et libertés des Québécois, l’acceptation de la charia dans notre système juridique serait un obstacle au système d’éducation des Québécois. En fait, depuis la réorganisation pédagogique de notre système scolaire, le gouvernement du Québec veut laïciser nos écoles. En effet, la loi 107, sanctionnée en 1988, a obligé la restructuration des commissions scolaires; celles-ci passeront de confessionnelles a linguistiques. Ainsi, l’instauration de la Charia contrevient à la consolidation de la structure pédagogique du système québécois et aurait pour effet un retour dans le passé.

De plus, l’école québécoise est un établissement qui promeut des valeurs démocratiques. Cette idée de démocratie a une grande importance pour le ministère de l’Éducation. Ainsi, ce dernier consacre dans son nouveau programme de formation des écoles québécoises un domaine général de formation à cet idéal. Il s’agit du DGF vivre ensemble et citoyenneté. Il serait donc compréhensible que les Québécois et Québécoises voient la charia comme une menace à l’égard des fondements philosophiques de leur système d’éducation. Cette histoire touche donc tous les membres du corps enseignant, puisque ces derniers se font porte-étendard de l’idéologie démocratique. En se référant une fois de plus au programme de formation des écoles québécoises, il est possible de voir qu’une de ses trois visées est la structuration de l’identité de l’élève. Or, l’adolescence est une période difficile puisque : « Marqué par des transformations déstabilisantes, [elle] provoque chez le jeune d’importantes remises en question de ses idées, de ses croyances et de ses valeurs. » Cette identité doit donc se construire dans un contexte d’une école qui prône l’égalité puisqu’il est dangereux d’assimiler le jeune à certaines idéologies politiques ou religieuses quelles qu’elles soient. L’école a donc un devoir de guider l’adolescent à travers cette remise en question, en lui montrant des valeurs prônant le respect et la liberté collective telles que représentées par la Charte québécoise. Ainsi, l'instauration d'une cour islamique serait un obstacle à leur formation. Avec le débat sur l’instauration de la charia, le personnel enseignant peut également utiliser celui-ci pour répondre aux compétences de la profession enseignante. En effet, les professeurs peuvent discuter et instruire les élèves sur la décision de la cour à ce sujet, afin de les mettre en lien avec les valeurs éthiques et morales de la société québécoise. Les jeunes sont alors guidés dans le développement de leur pensée critique et les enseignants deviennent des héritiers critiques et interprètes d’objets de savoir et de culture.

Le refus de la charia peut également causer des frictions sociales et avoir des impacts sur les relations entre les parents musulmans et les enseignants. Un parent peut inhiber la socialisation de son enfant en l’éduquant de manière conflictuelle par rapport aux normes d’ici. Cela peut mener à une situation où le jeune doit mettre plus d’efforts afin de s’adapter, ce qui peut engendrer des difficultés scolaires et des mésententes. Également, certaines tensions peuvent perdurer et même s’amplifier si le « Conseil de charia » est refusé. Pour une enseignante, il pourrait être difficile de développer une relation positive avec un parent musulman. Ce refus, créant peut-être une tension plus forte, pourrait se faire sentir lorsque vient le moment où l’enseignante se doit d’intervenir auprès de l’élève. Lors de divergence d'idées, le parent pourrait voir son autorité remise en question par celle de l'enseignante et le prendre comme un affront. Il serait donc possible que la communication entre l’enseignante et le parent soit difficile, puisque la place et le rôle de celle-ci peuvent être questionnés. La communication est donc plus difficile et le parent pourrait même tenter de se distancier de l’implication scolaire. Cela pourrait nuire à l’intégration de ceux-ci, et des jeunes musulmans. De plus, certaines valeurs musulmanes et les réactions de certains parents peuvent influer sur les comportements de l’enfant. Par exemple, sa vision de l’autorité enseignante ou du personnel scolaire féminin, peut créer certaines frictions. Il serait alors délicat pour l’adulte d’intervenir auprès d’un enfant qui peut être réticent face à la place et à l’égalité de la femme. Cette valeur d’égalité des sexes, qui est bien perceptible dans notre société et dans le texte lu, peut également différer des croyances du parent et de l’enfant. Celui-ci peut donc adopter des comportements ou bien avoir des réactions envers les autres petites filles de son groupe, qui serait contraire aux valeurs d’égalité que la société québécoise tente de transmettre.

Les musulmans qui vivent ici peuvent se sentir lésés devant le refus d’intégrer un système de justice parallèle pour eux. Cette décision a le potentiel de toucher leur sentiment d’identité. Immergés dans une culture différente, ils pourraient vouloir instaurer des moyens de valoriser leur culture et leurs croyances. La création d’écoles musulmanes est une possibilité à cette fin. Ces écoles hypothétiques leur permettraient de transmettre leurs valeurs et leur propre vision du monde, de la manière qu’ils le souhaiteraient. Ce pourrait être une solution intéressante, qui a des précédents. Il y a par exemple des écoles privées, catholiques ou protestantes, qui offrent des cours religieux. D’ailleurs, une école privée de Québec enseigne le créationnisme comme étant une théorie équivalente à la théorie de l’évolution. Ce désir de créer des écoles privées musulmanes ne serait pas stoppé par le nouveau programme d’éthique et de culture religieuse. Ce programme, qui se veut une ouverture, un encouragement vers la connaissance de l’autre, peut alors être contourné. En effet, malgré qu’elles soient tenues de se soumettre au nouveau programme d’éthique et de culture religieuse, les écoles privées pourront continuer à offrir une formation confessionnelle, ce qui pourrait être un bienfait pour les musulmans désireux de mettre sur pied ce type d’institution.

La vision québécoise de la religion est celle d’une expérience vécue dans l’intimité. Cette façon de penser nous a amené à se demander pourquoi dépenser l’argent public afin d’enseigner la religion, sphère personnelle, s’il en est une. Cette logique amène son contraire : pourquoi ne pas payer pour une éducation privée dans laquelle une religion commune à tous ses membres serait dispensée ? Or, cette possibilité serait un obstacle majeur à l’intégration des jeunes immigrés. Nous n'avons qu'à nous référer à l'impact de la ghettoïsation sur les relations entre les citoyens français et les communautés ethniques. Les groupes tentent le moins souvent possible d'entrer en contact entre eux, afin d'interagir ensemble, dans le but de promouvoir la démocratie. Cela tend à fortifier des tensions entre groupes ethniques, tensions qui auraient pu être évitées par la communication, la compréhension ainsi que la recherche de compromis de par et d'autre des dits groupes. C'est la raison pour laquelle il est important d'intégrer les élèves de différentes ethnies dans nos écoles publiques, sans toutefois les confiner à leur culture propre.
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Bref, la demande d’instaurer la charia dans les tribunaux québécois a remis sur la place publique l’éternel sujet des égalités entre les différentes cultures. Pour la culture dominante, le fait de ne pas respecter l’égalité entre les sexes va à l’encontre de l’article 9.1 de la Charte québécoise et il s’agit d’une raison suffisante pour refuser la demande. Il ne faut pas oublier que ces valeurs démocratiques servent de fondement à nos établissements scolaires. L’enseignant sera donc amené, tout au long de sa carrière, à défendre ces idéaux qui le définissent comme citoyen québécois et à sensibiliser les adolescents, qui sont en recherche d’identité, à exercer leur jugement critique sur ce qui peut leur paraître une menace à leur culture.

Cette réticence que les Québécois ont à l’égard de la charia peut amener certains parents musulmans frustrés à ralentir, voir même à s’interférer dans l’intégration de leurs enfants. Cela peut aussi emmener des tensions à l’égard des enseignantes, lorsque ces dernières veulent exercer leur autorité à l’égard des garçons de cette religion. Puisqu’il semble y avoir beaucoup de différences entre les deux cultures, la solution facile serait de les laisser s’organiser en ghettos et fonder leurs propres écoles. Toutefois, cela ne ferait qu’envenimer la peur et le mépris entre les deux parties, empêchant ainsi la possibilité d’une intégration enrichissante. Afin de ne pas compromettre cette dernière, il serait primordial que les immigrants soient informés sur les comportements acceptés et ceux qui ne le sont pas dans notre société. Il faudrait par contre que ces comportements soient définis clairement par les Québécois : chose qui n’est pas encore faite.

Bonjour tout le monde ! Comme vous avez pu voir, j'ai modifié vos textes pour faire un bon petit texte pour tout le monde.... La conclusion sera sur le site bientot !
-- KevinBessette? (2007-02-11 15:19:49)

 
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