Réflexion sur la disposition des ordinateurs dans une école


Quelques notes:
Nous avons eu un atelier sur l'intégration des TIC l'an passé au RÉCIT, voici ce qui en est resté: http://recitmst.qc.ca/wikinimst/wakka.php?wiki=StrategieGagnantesIntegrationTIC

Définir: vision commune. -> Ce n'est pas noir ou blanc, mais on peut dire vers quelle teinte de gris on va.

Tout part de ce que veut dire «intégrer» les TIC. Si la grammaire est intégrée dans ma démarche d'écriture, je ne dois pas aller à la bibliothèque pour la consulter, et ce avec tous les autres élèves en même temps que moi. C'est la même chose avec l'ordinateur. Si on parle d'intégration des TIC et non d'ajout, on doit avoir l'outil près de la vie de la classe. L'élève doit choisir le temps où il a besoin de l'outil (commun dictionnaire, un livre de classe, le prof) ainsi que le pourquoi il en a besoin.

Le problème des ordinateurs non utilisés en classe en est un pédagogique, donc la direction d'école a son rôle à jouer pour faire «avancer» son équipe école.

Il y a des effets pervers à se rendre dans un labo avec un poste par élève (même un poste pour deux) comme par exemple l'image d'activité qu'on donne. C'est comme d'Aller à une période d'éducation physique, c'est pas intégré, c'est ajouté. De plus, est-ce que si l'élève a son propre odinateur il se posera la question «Pourquoi j'utilise les TIC en ce moment?» Non, il l'utilisera car le prof a dit de l'utiliser.

Si le prof demande de remettre un travail à l'ordinateur, est-ce que l'élève intégrera les TIC dans son apprentissage? Non, il les utilisera pour remettre le travail demandé au prof. En aucun temps il développera son esprit critique face aux TIC.



Mail de Danielle Lemay (20/12/04)
La question posée est celle-ci : «J’ai reçu le mandat d’étudier les différents modèles d’intégrations des TIC en classe dans des écoles primaires. Est-ce possible de faire disparaître les lab au profit des classes???»

Est-ce que la localisation des ordinateurs est la première question à se poser ? Est-ce que la première préoccupation devrait être celle concernant l'usage de l'ordinateur, puisque c'est le besoin qui détermine l'organisation physique et matérielle ?

Pour nourrir la réflexion sur le sujet, j'ai recopié un extrait d'une étude de Thérèse Laferrière de l'Université Laval, qui parle de la place de l'ordinateur branché en réseau dans la communauté apprenante. Il faut dire que son sujet de recherche est le programme PROTIC (un programme que je surveille de près) où chaque élève a son ordinateur portable personnel tout au long de son parcours au secondaire. Donc, la question de la classe ou du laboratoire ne se pose pas dans ce contexte, la classe étant le laboratoire.

Même si ce texte ne répond pas directement à la question, il demeure, il me semble, pertinent au débat puisqu'il ramène à certaines questions fondamentales. Et je le résumerais ainsi : l'ordinateur doit surtout être accessible, comme tout autre matériel pédagogique, en fonction des besoins du projet pédagogique. Alors est-ce que la première question à se poser serait : quelle localisation le rend le plus accessible en fonction du type de projet pédagogique à réaliser ? Avec une telle question, le portable doit faire partie des solutions envisagées...mais pas nécessairement retenues.

«2.1.1 Le rôle de l'ordinateur en réseau

Qu'apporte donc l'ordinateur branché en réseau? Comme nous l'avons déjà mentionné, il est utilisé comme outil et ne constitue donc pas une fin en soi, même si sa maîtrise représente un avantage de plus pour les élèves et l'enseignant. En effet, qui dit outil, dit prolongement des mains et de la tête, ce qui signifie que l'ordinateur demeure sous la responsabilité de quelqu'un qui décide du moment et des conditions à l'intérieur desquels il jugera opportun d'y avoir recours. Ce rôle échoit aussi bien à l'enseignant qu'aux élèves. L'ordinateur et ses périphériques forment ainsi un formidable tremplin qui multiplie les possibilités d'accès et de traitement de l'information ainsi que d'échange entre des personnes. L'accès à un réseau informatisé (Internet, intranet) permet désormais de dépasser les limites de la classe pour recueillir et échanger l'information et communiquer les résultats des démarches d'apprentissage des uns et des autres. Cela s'avère d'autant plus utile que le projet nécessite déjà beaucoup de communication et de collaboration. L'ordinateur permet de faire circuler l'information écrite, les images et les sons; certains logiciels, ou environnements de télécollaboration, supportent de manière plus spécifique la coconstruction de connaissances. Il est donc possible de concevoir des projets relativement ambitieux et d'avoir recours à l'ordinateur en réseau pour les réaliser.

La diversification des médias nous paraît engendrer des répercussions positives sur la motivation des élèves qui peuvent alors présenter des productions sous de multiples formes (document écrit, illustrations, pages web, etc.) avec une facilité parfois déconcertante. L'utilisation de logiciels-outils permet aux élèves - le professeur ne s'en plaint guère - de réaliser des travaux propres et bien présentés.

Enfin, le stockage d'informations permet de retracer soit l'évolution du processus de construction du produit final, soit l'évolution de la pensée en situation de résolution de problème et de collaboration.

C'est dire que l'ordinateur en réseau vient en appui à l'enseignant qui a déjà un penchant pour l'approche par projet. Sa présence devient une source de motivation supplémentaire parce qu'il facilite et stimule les recherches et les échanges sous différentes formes, tout en offrant une ouverture sur le monde qui dépasse le lieu réel de la classe. La disponibilité de cet outil est prise en considération au moment même de la conception d'un projet. En cours de réalisation de projet, il s'avère une précieuse source de référence et agit comme support à l'activité de production de l'élève, du groupe d'élèves.

source: http://www.tact.fse.ulaval.ca/fr/html/fcar/rapporta.html

Mail de Marie-France Laberge

Concernant le lab : utile pour apprendre ou travailler sur "la même chose en même temps", ça peut être efficace si les plus débrouillards de la classe à l'ordinateur circulent dans le laboratoire pour assister ceux qui sentent le besoin d'être accompagnés. Mais, ce n'est pas la "vraie vie" lorsqu'on est en démarche de résolution de problème, de recherche et traitement de l'information, de communication...

L'ordinateur en classe permet de différencier: lors de travail en équipe par exemple. l'un aura tel mandat qui lui demandera d'avoir recours à l'ordinateur et l'autre non. Intégrer réellement l'ordinateur au curriculum signifie qu'il viendra enrichir notre façon de penser les choses, de les développer, de traiter, d'utiliser et de communiquer l'information. Comme les forces, les habiletés, l'expérience de chacun différent largement dans une classe... le fait de tenter de faire faire la même chose au même moment à chacun dans un laboratoire sera très insécurisant pour certains (on le voit régulièrement avec nombre d'adultes lors d"offres de service en laboratoire).

C'est au moment où l'élève sent lui-même que tel ou tel apprentissage est nécessaire pour avancer qu'il a des chances de s'approprier ce qu'on lui enseigne et ça ne se passera pas pour tout le monde à l'heure réservée pour la période de laboratoire.

J'essaie toujours de garder comme référence "l'apprentissage naturel" (celui qui se fait hors d'un contexte scolaire) afin d'en transférer le plus possible les principes au monde de l'éducation. Le fait de tout décortiquer, d'échelonner, d'organiser en séquences ne me semble pas nécessairement être la bonne façon.

L'ordinateur en classe permet des défis personnalisés pour les jeunes, une meilleure sécurité sur le plan affectif et une possibilité de construction de savoirs à son propre rythme, trois principes de base liés au fonctionnement du cerveau.
Tout ce qui est dit ici est vrai pour moi lorsque je tente de développer des compétences techniques qui, au départ, ne riment à rien pour moi. Installez-moi dans un laboratoire où je devrai avancer au rythme des autres et vous me perdez en partant ! Je suppose que je ne suis pas la seule dans ce cas... et que dire du jeune qui n'a pas encore la maturité pour mettre les choses en perspective, il se fera bien du mauvais sang !

Mail de Ginette Laurandeau
Bonjour,

Quand je considère la compétence professionnelle TIC (8) des enseignants
http://recit.cadre.qc.ca/repondants/article-imprim.php3?id_article=95 et la
compétence transversale TIC des élèves, je me dis qu'il faut d'abord rendre
les ordinateurs :
a)accessibles aux enseignants,
b)disponibles pour les élèves.

a) il faut d'abord que l'enseignant considère que l'ordinateur lui offre des
outils qui facilitent sa tâche et améliorent l'apprentissage des élèves. Il
faut donc lui donner un accès privilégié à un ordinateur.

Idéalement, chaque enseignant devrait posséder un portable sur lequel il
peut constituer sa banque de ressources utiles pour son travail de
planification de situations d'enseignement/apprentissage, pour accéder au
portfolio numérique de ses élèves ou au portail, etc. Il peut ainsi
l'utiliser dans une classe (branchée) avec un chariot muni d'un projecteur
(réservé sur l'étage) sans rencontrer de multiples problèmes dus à la
manipulation des données d'un ordinateur à un autre. Il s'agit là d'un
premier pas pour familiariser et sécuriser l'enseignant avant d'utiliser
plus d'un ordinateur dans sa classe ou quelques ordinateurs portables.

b)Idéalement, je considère que la classe réforme est une classe avec un
ordinateur par équipe-élèves de travail, branchée à l'Internet, où l'élève a
aussi accès à d'autres formes de ressources (revues, livres, films, etc.)
Voir sur Zoom, le film avec Norbert Viau
http://zoom.cyberscol.qc.ca/cgi-bin/WebObjects/ZOOM.woa/wo/12.0.4.0.5.0.7 .

Tous n'ont pas cette chance; alors, les portables peuvent venir à la
rescousse (surtout, lorsqu'on dispose de bornes sans fil).

Les laboratoires recèlent certains problèmes techniques ou d'accès qui
n'encouragent pas toujours les enseignants à les utiliser :
- ils semblent souvent appartenir aux enseignants spécialistes en
informatique - ceux-ci n'apprécient pas toujours que les autres enseignants
utilisent leurs laboratoires.
- ils ne sont pas toujours en bon état, il n'est pas toujours possible
d'aller les vérifier immédiatement avant un cours et les écoles n'offrent
pas toujours des personnes-ressources disponibles pour résoudre un problème
technique;
- ils font peur à l'enseignant qui désire se risquer à tenter une première
expérience avec les élèves; en plus de la gestion de classe qui est
différente, le bon fonctionnement de l'équipement n'est pas assuré; des
ordinateurs (portables ou non) dans une classe sont plus rassurants.
- ils nécessitent des réservations très longtemps d'avance (ne répondent pas
aux besoins du moment) et impliquent souvent des frustrations lorsque tous
les groupes d'un même enseignant ne peuvent y accéder (secondaire).

La formule "laboratoire" est utile surtout dans les écoles où tous les
laboratoires sont utilisés par des cours à options (multimédia ou
programmation) au secondaire ou des cours de spécialistes au primaire mais
il ne faut pas parler à ce moment-là de développer la compétence
professionnelle du plus grand nombre, ni l'intégration des TIC répondant aux
besoins des situations d'apprentissage quotidiennes.

Suite à un sondage avec nos répondants TIC au printemps dernier, vous pouvez
trouver des utilisations possibles des portables dans nos écoles (voir #2) à

http://recit.cadre.qc.ca/repondants/article-imprim.php3?id_article=158
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