L’apprenant réseauté

Le vendredi 11 février 2011.
Par : Pierre Lachance
Le présente texte est une synthèse de ce billet et de celui-ci. Seuls quelques ajustements ont été faits dans le texte.

Le schéma des ressources

Le schéma ci-dessous représente les diverses ressources d’un apprenant réseauté [1]. Pour en savoir plus sur chacune de ces ressources, nous vous suggérons de faire une recherche dans l’encyclopédie Wikipedia.

Apprenant réseauté

Les composantes de la compétence TIC

Examinons la compétence TIC (programme du 1er cycle du secondaire) et ses composantes en fonction de l’« apprenant réseauté ».

Composante 1 : Utiliser les technologies appropriées

  • Réaliser des tâches variées en recourant aux ressources technologiques
C’est ici le coeur du schéma. Il présente justement diverses ressources TIC disponibles pour apprendre (pas seulement pour produire, voir à ce sujet le site http://recit.org/metatic/) avec les TIC.
  • Évaluer le potentiel des technologies et des réseaux disponibles
Selon nous, réaliser cette évaluation devient efficient lorsqu’on peut comparer diverses ressources entre elles. Cela implique donc que l’apprenant en a exploitées/appropriées quelques-unes.
  • Choisir les outils les mieux adaptés à la situation
Que veut-on faire/développer au juste ? Si le but est d’écrire une lettre au maire de sa ville afin de lui décrire un problème, un traitement de texte est un outil intéressant. Par contre, si l’apprenant coconstruit le texte avec ses coéquipiers, qu’il veut avoir des opinions externes sur le contenu, le traitement de texte est-il encore le bon outil ? Le programme de formation demande de développer des compétences comme communiquer de façon approprier ou encore coopérer. Le choix de l’outil doit aussi porter sur le processus, pas seulement sur le produit final : la lettre.
  • Appliquer des stratégies d’interaction, de communication et de dépannage, selon les besoins de la tâche
Le schéma nous donne des pistes d’outils/ressources à utiliser pour ce faire. Des forums, le clavardage, les collègues, en sont des exemples.

Composante 2 : Tirer profit de l’utilisation de la technologie

  • Diversifier l’usage des TIC
Ne pas essayer de tout faire avec toujours le même outil. Si l’apprenant veut pouvoir choisir un outil adéquat pour une tâche donnée, il doit avoir plusieurs possibilités.
  • En exploiter les ressources et les fonctions dans des apprentissages multiples
  • Reconnaître et utiliser dans un nouveau contexte les concepts et processus déjà connus
Ne pas toujours utiliser l’outil dans le même contexte. Par exemple, le wiki est intéressant dans le cas où on veut analyser le processus d’écriture d’un élève. Mais il peut aussi être utilisé pour évaluer le travail d’équipe.
  • Anticiper de nouvelles utilisations
Un apprenant réseauté, de par ses contacts avec les autres (réels et virtuels), baigne dans une marre d’idées et de stratégies. L’anticipation devient alors plus facile.
  • Respecter les valeurs et les codes relatifs à la propriété intellectuelle et au respect de la vie privée
Voici un apprentissage essentiel pour que le double sens des flèches soit possible. Sans ce respect, les communautés fermeront leur porte à l’apprenant. Il demeurera alors un « consommateur » des TIC et n’atteindra pas les buts du programme de formation qui veut en faire une personne active dans ses apprentissages.

Composante 3 : Évaluer l’efficacité de l’utilisation de la technologie

Note : La métacognition est ici un outil intéressant : http://recit.org/metatic/

  • Confronter ses façons de faire avec celles des autres
C’est l’essence même des doubles sens aux flèches dans le schéma. Toutes les communautés sont des lieux où on peut discuter/confronter ses actions/stratégies TIC.
  • Reconnaître ses réussites et ses difficultés
  • Chercher les améliorations possibles dans sa manière de faire et proposer des avenues pour accroître son efficacité
Ici le blogue (ou un portfolio numérique) devient un outil intéressant pour garder des traces de ses actions/apprentissages. Les autres peuvent alors aider à objectiver le tout.
  • Examiner la pertinence de recourir aux TIC en considérant leur apport à la tâche
En intégrant graduellement les diverses « bulles » du schéma à son apprentissage, l’apprenant réseauté pourra de mieux en mieux cerner quelles sont les TIC (ou non TIC) les plus efficaces pour une tâche.

Une échelle des habiletés TIC

Maintenant qu’on a une idée des ressources disponibles pour apprendre en réseau, voici une échelle [2] qui explicite les différents niveaux d’habiletés TIC. Habiletés nécessaire pour maîtriser [3] les TIC.

On peut aussi utiliser la taxonomie de Bloom pour mieux comprendre la graduation des différents niveaux : http://recit.org/bloom/

Habilité à utiliser l’ordinateur
  • Utiliser les fonctions de base du système d’opération
  • Utiliser des applications de base standards (TT, logiciel de dessin, présentation,...)
  • Rechercher/trouver/évaluer l’information sur Internet

Habilité à apprendre de nouvelles façons d’utiliser l’ordinateur

  • Apprendre des nouveautés dans un logiciel si un besoin surgit
  • Apprendre à utiliser de nouveaux outils, de nouveaux logiciels
  • Se sentir à l’aise et confiant dans l’apprentissage des nouveautés/logiciels
  • Utiliser plusieurs outils/logiciels différents pour un projet
  • Adapter son environnement logiciel à ses besoins
  • Utiliser un logiciel/une fonction d’un logiciel d’une façon originale

Habilité à créer avec l’ordinateur

  • Créer des images, animations, chansons, vidéos, constructions robotiques, ...
  • Ré-évaluer ses créations
  • « Déboguer » ses créations quand quelque chose ne va pas
  • Comprendre les limites possibles de création avec un logiciel
  • Modifier et extensionner ses créations (ses idées) de façon itérative
  • Écrire des programmes informatiques afin de créer et d’exprimer différemment des projets
  • Penser à l’interaction dans ses projets et non seulement être en « mode présentation »

Habilité à créer à partir de ses propres idées (autonomie)

  • Générer des idées sur ce qu’on veut créer
  • Développer un projet dans son ensemble du début à fin
  • Choisir l’outil/le logiciel approprié pour le développement de son projet
  • Incorporer sa touche dans ses créations (y mettre sa couleur)

Habilité à utiliser la technologie afin de contribuer à l’enrichissement de la communauté

  • Partager ses idées et ses projets avec les gens de la communauté
  • Collaborer aux projets avec les gens de la communauté
  • Modifier et enrichir les projets créés par les gens de la communauté
  • Aider les autres avec de nouvelles façons d’utiliser un outil, un logiciel
  • Créer de projets significatifs pour la communauté

Comprendre les concepts en lien avec les activités technologiques

  • Quelques exemples :
    • Comprendre la perspective dans la création d’une image
    • Comprendre la notion de « sensation et de rétroaction » dans un projet robotique
    • Comprendre la mathématique nécessaire à la coordination des objets dans une animation
    • Comprendre les concepts de programmation : variables, les conditions, etc.
  • Réinvestir ces concepts dans d’autres contextes, d’autres situations
  • Utiliser une approche systématique/scientifique dans la résolution d’une situation-problème

Conclusion

Doit-on être « habile » ou encore exploiter toutes les ressources du schéma pour être considéré comme un apprenant réseauté ? Non. L’important est d’être en apprentissage, et le reste viendra avec le temps.

Suggestion : trouver et exploiter une ressource (comme votre conseiller RÉCIT) afin d’augmenter votre compétence TIC tout en permettant à vos élèves d’en faire autant.

[1Apprenant réseauté : personne en état d’apprentissage exploitant les TIC afin de mieux apprendre.

[2Traduction de ce document .

[3Que signifie être « en maîtrise technologique » ? Faisons une analogie avec l’apprentissage d’une langue étrangère. Imaginez quelqu’un qui a appris quelques mots et phrases simples qui lui permette de lire un menu de restaurant ou de demander des indications routières dans une ville... Est-ce que cette personne « maîtrise » le langage ? Certainement pas ! Cette façon de faire est équivalente pour la plupart des gens utilisant l’ordinateur au quotidien. Ont-ils des connaissances technologiques ? Oui... mais ça ne fait pas d’eux des « maîtres », des gens en parfait contrôle de leur environnement technologique. Afin de maîtriser une langue étrangère, on doit être capable d’articuler une idée complexe ou de raconter une histoire... finalement, il faut être capable de « faire des choses », de créer avec cette langue. De façon similaire, être en « maîtrise technologique » ne signifie pas seulement de « savoir utiliser » des outils technologiques mais aussi de créer, de construire avec ces outils. Tiré de ce document du MIT

imprimeVersion imprimable qrcode